« I’ll be a woman soon… »

Jusqu’à un certain âge, je ne pouvais pas mettre de pantalons car « c’était pour les garçons », par la suite, je n’ai portée que ça.

Mais depuis que je suis sur Paris, je préfère être à poil il y a une certaine liberté de mouvement, d’assurance. J’estime pouvoir porter ce que je souhaite quand je le souhaite. Alors nous ne sommes pas encore au Japon, ou en Angleterre; beaucoup du à notre mentalité, mais on peut avoir un petit aperçu sur Paris… Tout petit, de ce qui est la liberté d’être un être non-genré.

La femme moderne est un fantasme

A vrai dire, entre ce que j’imaginais être LA femme lorsque j’étais petite et la réalité. – J’extrapolais déjà sur plus de dix ans –

C’était un véritable fantasme, comme de se fantasmer une vie entière. Avec tout le fard et les dimensions… Tellement « propre »… Sans douleurs, sans émotions, et surtout sans quotidien. Ce quotidien qui dénature le fantasme, le rend moins brillant, plus âpre, plus rugueux…

Laissons la toute petite fille raconter sa propre idée de celui-ci.

One day…

Demain, ça ira mieux.

Quand j’irais à la fac, je déambulerais perchée sur des talons aiguilles. Je serais chic dans les amphithéâtres. Je serais sûre de moi, indépendante et fière. En fait, qu’on se le dise, tout le monde sera chic, ‘propre’, intelligent et gentil.

Je serais reconnue; ils seront tous mes amis ; parce qu’aujourd’hui je ne le suis pas.

Je suis l’ignorée car bizarre et donc le fantôme. Je passe mes récréations à lire car je ne les trouve pas intéressants.

Je serais tatouée des pieds à la tête, parce que je trouve que c’est un moyen d’expression comme un autre.

Mais en même temps je suis une pirate, une aventurière, je suis une enfant. Je suis tout.

Mais avant tout, je serais perchée sur des talons aiguilles à la Fac.

See you soon little cowboy !

Au fur et à mesure que je vieillis, cette image s’étiole d’elle même. Où est-ce moi qui n’y pense plus de la même manière ?

Beaucoup trop de pensées ont changées. Puis finalement ce qui peut sembler extrêmement sexiste aujourd’hui ne l’est pas dans la tête d’une enfant.

A présent, je peux le dire c’est une plaie d’être une femme. Plus je vieillis, et plus on me le fait remarquer. Des fois que je ne sache pas avec quel sexe je suis née… Ils pensent peut-être vraiment m’aider ?

Je devrais peut-être les remercier.

J’y penserai demain.

2 réponses sur “« I’ll be a woman soon… »”

  1. Il m’a beaucoup fait rire ce poste. Un passage qui m’affecte sur ton impression d’être esseulé à la récré. Ce qui me fait penser à une discussion au détour d’un parc investit par de sympa papys boulistes.

    PS : À la fac de lettre de Montpellier les filles en talons n’étaient pas les plus intéressantes

    1. J’ai eu bien du mal à exprimer mon ressenti de l’époque dans cet article, d’où la longue introduction !
      Je crois que je me souviendrais longtemps de ces papys boulistes, n’empêche, ils faisaient du jeu perso 🙂
      PS : Un fantasme reste un fantasme, et l’âge venant; lorsque j’ai pu aller à la Fac (ou les rares fois ou je me suis pointée, Hachiko peut en témoigner)… J’ai troquée allègrement le concept des talons pour des rangers. Plus pratique en milieu urbain passif-agressif. Plus évident de se cacher derrière aussi 😉

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